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  • Violences intrafamiliales et entreprise : sortir du déni organisationnel

    Le 18 mai dernier, à l’invitation du réseau FCE Grenoble Alpes, nous intervenions autour d’un sujet dont le monde du travail commence à mesurer l’ampleur : les violences intrafamiliales et leurs effets sur les trajectoires professionnelles, les collectifs de travail et les organisations. Derrière l’apparente séparation entre sphère privée et sphère professionnelle se joue en réalité une question centrale de santé publique, de santé au travail et de responsabilité collective. Longtemps, les violences conjugales et familiales ont été pensées comme relevant exclusivement de l’intime, du domestique ou du judiciaire. Pourtant, leurs conséquences débordent largement les frontières du foyer. Elles traversent les espaces sociaux, affectent les relations professionnelles, désorganisent les parcours d’emploi et interrogent directement les capacités des entreprises à protéger, écouter et reconnaître. En France, les violences intrafamiliales constituent un phénomène massif. Les données du ministère de l’Intérieur montrent une augmentation constante des faits enregistrés ces dernières années, tandis que les travaux de la Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences et la lutte contre la traite des êtres humains rappellent que les violences demeurent largement sous-déclarées. Cette sous-déclaration s’explique notamment par les mécanismes d’emprise, de controle coercitif, la peur des représailles, la dépendance économique, la honte sociale ou encore l’intériorisation des violences. Les recherches menées par Lenore Walker ont largement contribué à montrer que les violences conjugales ne se résument pas à des épisodes isolés de brutalité physique mais s’inscrivent dans un continuum relationnel mêlant domination psychologique, contrôle, isolement et alternance entre violence et réconciliation. Ce cycle produit une désorientation profonde chez les victimes et rend particulièrement complexe la possibilité de « partir », contrairement aux représentations encore largement présentes dans l’espace public. Ces mécanismes ont des effets directs sur le rapport au travail. Dans de nombreuses situations, l’entreprise devient paradoxalement un des derniers espaces de socialisation préservés. Pour certaines femmes victimes de violences, le lieu de travail représente le seul espace de respiration hors du domicile, le dernier lieu où une reconnaissance sociale demeure possible. Le salaire constitue souvent l’unique ressource permettant d’envisager une autonomie matérielle. Cette dimension est fondamentale : les violences intrafamiliales ne peuvent être comprises indépendamment des rapports de dépendance économique dans lesquels elles s’inscrivent fréquemment. La sociologie féministe a depuis longtemps montré que la précarité économique constitue un facteur majeur de maintien dans les situations de violence. Dans ce contexte, perdre son emploi ou fragiliser sa situation professionnelle peut signifier perdre toute possibilité de sortie. Pourtant, le monde du travail continue souvent à penser ces violences comme extérieures à son champ de responsabilité. Cette frontière entre privé et professionnel repose sur une fiction organisationnelle de plus en plus difficile à tenir. Les conséquences des violences sont omniprésentes dans les entreprises, même lorsqu’elles ne sont pas nommées. Les victimes peuvent présenter des troubles anxieux sévères, des difficultés de concentration, des états d’hypervigilance, des troubles du sommeil, des absences répétées ou une fatigue chronique. Les recherches en psychotraumatologie, notamment celles développées par Judith Herman, montrent que les violences répétées produisent des effets neuropsychiques durables. Le trauma ne relève pas simplement d’un souvenir douloureux ; il affecte profondément les capacités cognitives, émotionnelles et relationnelles. Les troubles dissociatifs, les pertes de mémoire, les difficultés attentionnelles ou la sidération psychique peuvent être interprétés dans les organisations comme un manque d’investissement ou une baisse de compétence, alors qu’ils relèvent d’un état de survie psychique. Cette invisibilisation est renforcée par le fait que les victimes développent souvent des stratégies complexes de dissimulation. Beaucoup s’efforcent de maintenir une apparence de normalité afin de protéger leur emploi, d’éviter le stigmate ou de limiter les risques de violence supplémentaires. Le silence devient alors une stratégie de protection. Ce silence est également alimenté par la persistance de représentations sociales profondément ancrées autour des violences conjugales. Les discours consistant à demander pourquoi une victime « reste » dans la relation traduisent une méconnaissance des mécanismes d’emprise et des logiques de domination. Ils déplacent implicitement la responsabilité sur les victimes elles-mêmes plutôt que sur les auteurs des violences et les structures sociales qui permettent leur maintien. Dans certaines situations, les violences s’invitent directement dans l’espace professionnel. Les auteurs peuvent multiplier les appels, surveiller les déplacements, harceler numériquement la victime, contrôler ses horaires ou se rendre sur le lieu de travail. L’entreprise devient alors un terrain d’extension du contrôle coercitif. Les chercheuses anglo-saxonnes parlent d’ailleurs de « spillover effect » pour désigner la manière dont les violences domestiques débordent dans la sphère professionnelle. Les conséquences pour les organisations sont considérables : augmentation de l’absentéisme, désorganisation des équipes, turnover, épuisement professionnel, mais aussi risques directs pour la sécurité. Dans ce contexte, la question des « signaux faibles » occupe une place centrale. Il ne s’agit pas de transformer les managers ou les collègues en enquêteurs, ni de psychologiser l’ensemble des difficultés professionnelles. Il s’agit plutôt de développer une culture de vigilance capable de reconnaître qu’une souffrance sociale ou traumatique peut se manifester dans le travail. Un changement brutal de comportement, un isolement inhabituel, des appels incessants du conjoint, une anxiété persistante ou une dégradation soudaine des capacités de travail peuvent parfois constituer des indicateurs d’alerte. Mais ces signes n’ont de sens qu’inscrits dans une posture d’écoute et non de suspicion. La question essentielle devient alors celle des conditions d’accueil de la parole. Car dans de nombreuses situations, la première expérience de reconnaissance survient lorsqu’une personne rencontre enfin un espace où sa parole n’est ni minimisée, ni mise en doute, ni immédiatement renvoyée à sa supposée responsabilité. Les travaux d' Axel Honneth montrent combien la reconnaissance constitue une condition fondamentale de l’existence sociale et de la reconstruction subjective. Les violences intrafamiliales produisent précisément des formes profondes de déni de reconnaissance : atteinte à l’intégrité physique, destruction de l’estime de soi, isolement relationnel, dépendance économique, fragilisation juridique et sociale. Dans ce contexte, l’écoute professionnelle peut représenter bien davantage qu’un simple échange informel. Elle peut constituer un point d’appui décisif dans un parcours de sortie des violences. Cela suppose toutefois que les organisations se dotent de véritables politiques de sensibilisation et de formation. Trop souvent, les violences intrafamiliales restent pensées à travers des représentations morales ou compassionnelles. Or il s’agit d’un phénomène systémique, traversé par des enjeux de genre, de pouvoir, de domination et de précarité sociale. Former les équipes RH, les directions et les managers ne signifie pas transformer l’entreprise en espace thérapeutique ; cela signifie reconnaître que le travail est un espace social traversé par les réalités du monde. L’entreprise ne peut évidemment pas se substituer aux dispositifs spécialisés, aux associations, aux services sociaux ou à la justice. En revanche, elle peut devenir un lieu de repérage, d’orientation et parfois de protection. Depuis plusieurs années, certaines entreprises commencent à mettre en place des dispositifs spécifiques : protocoles internes, référent·es violences, partenariats associatifs, procédures d’urgence, aménagements du temps de travail ou dispositifs de mise en sécurité. Cette évolution témoigne d’un déplacement important : les violences intrafamiliales ne sont plus seulement perçues comme un problème individuel mais comme une question collective engageant les responsabilités organisationnelles. Cette prise de conscience reste toutefois inégale et encore largement insuffisante. L’intervention menée auprès de FCE Grenoble Alpes s’inscrivait précisément dans cette volonté de déplacer le regard. Comprendre les violences intrafamiliales implique de dépasser les lectures simplificatrices pour saisir la complexité des mécanismes d’emprise, des trajectoires de survie et des effets du trauma. Mais cela implique également de penser l’entreprise autrement : non comme un espace neutre et imperméable au social, mais comme un lieu où peuvent se jouer des formes de vigilance, de soutien et de reconnaissance. Dans une société où les violences demeurent massives, l’indifférence organisationnelle n’est jamais neutre. Elle contribue au maintien du silence. À l’inverse, la connaissance, la formation, la capacité d’écoute et la mise en place de procédure peuvent ouvrir des espaces de protection réels. Derrière les politiques RH, les dispositifs et les protocoles, il y a toujours des trajectoires humaines. Et parfois, la possibilité pour une personne de ne plus être seule face aux violences.

  • Violences intrafamiliales, précarité et santé : enjeux de formation pour les professionnels du soin.

    Les violences intrafamiliales constituent aujourd’hui un enjeu central de santé publique, au croisement des questions sociales, sanitaires, économiques et institutionnelles. Longtemps appréhendées principalement sous l’angle judiciaire ou de la protection sociale, elles sont désormais reconnues comme des phénomènes structurels produisant des effets durables sur la santé des personnes, leurs trajectoires sociales et leur accès aux droits. Selon l’Organisation mondiale de la Santé, les violences exercées au sein du couple représentent l’une des formes les plus répandues de violences faites aux femmes à l’échelle mondiale. Elles affectent profondément la santé physique, psychique et sociale des victimes et constituent un facteur majeur de vulnérabilisation. Dans le contexte français, la Haute Autorité de Santé rappelle que les violences conjugales entraînent des conséquences multiples : troubles anxio-dépressifs, stress post-traumatique, douleurs chroniques, troubles du sommeil, addictions, troubles cardiovasculaires ou encore conduites suicidaires. Ces impacts s’inscrivent souvent dans la durée et modifient profondément les rapports au soin, au corps et aux relations sociales. Violences et précarité : une articulation systémique Les recherches contemporaines montrent que les violences intrafamiliales et les situations de précarité entretiennent des liens étroits et réciproques. Les violences participent à la désaffiliation sociale des victimes tandis que la précarité renforce les difficultés de protection, d’accès aux ressources et de sortie des violences. L’instabilité résidentielle, la dépendance économique, l’isolement administratif ou encore les ruptures professionnelles constituent autant de facteurs aggravants. Les violences économiques jouent ici un rôle central dans les mécanismes de domination : confiscation des revenus, interdiction de travailler, contrôle des dépenses, dettes imposées ou sabotage des parcours professionnels. Cette réalité concerne particulièrement les publics déjà fragilisés socialement : femmes en situation de précarité, familles monoparentales, personnes migrantes, personnes en situation de handicap, personnes âgées, jeunes majeurs en rupture de parcours. Les violences ne produisent donc pas uniquement des atteintes individuelles ; elles participent également à des dynamiques de marginalisation sociale et d’inégalités structurelles. Les conséquences sanitaires des violences intrafamiliales Les effets des violences intrafamiliales sur la santé sont aujourd’hui largement documentés dans la littérature scientifique. Au-delà des lésions physiques visibles, les violences produisent des atteintes psychotraumatiques importantes. Les mécanismes d’emprise et de contrôle coercitif entraînent fréquemment des états d’hypervigilance, des troubles dissociatifs, des symptômes anxieux sévères et des perturbations durables des capacités d’adaptation. Les professionnels de santé sont ainsi confrontés à des manifestations cliniques souvent diffuses : douleurs chroniques inexpliquées, troubles somatiques, fatigue persistante, troubles digestifs, troubles gynécologiques, conduites addictives, troubles du sommeil, troubles anxio-dépressifs. Chez les enfants exposés aux violences, les conséquences apparaissent également majeures. Les travaux en psychotraumatisme mettent en évidence des effets importants sur le développement affectif, cognitif et relationnel, notamment lorsque l’exposition aux violences s’inscrit dans la durée. Les violences intrafamiliales interrogent ainsi directement les pratiques de soin et les capacités institutionnelles de repérage, d’écoute et d’orientation. Former les professionnels de santé : un enjeu éthique et institutionnel La Haute Autorité de Santé souligne que les professionnels de santé occupent une position stratégique dans le repérage précoce des violences. Pourtant, de nombreux soignants déclarent encore ne pas se sentir suffisamment formés pour aborder ces situations complexes. Cette difficulté ne relève pas uniquement d’un manque de connaissances techniques. Elle interroge également : la posture professionnelle, le rapport à la parole des victimes, la compréhension des mécanismes d’emprise et de controle coercitif, la peur de “mal faire”, les limites institutionnelles, les modalités de travail partenarial. Former les soignants implique donc de dépasser une approche strictement juridique ou symptomatique des violences. Il s’agit de développer une compréhension globale des vulnérabilités, des trajectoires de vie et des effets sociaux des violences. Cette formation apparaît d’autant plus essentielle que les professionnels de santé constituent souvent l’un des premiers points de contact institutionnels pour les victimes. Former les étudiants : construire une culture commune du repérage L’intégration des violences intrafamiliales dans les formations initiales représente aujourd’hui un enjeu fondamental. Les futurs professionnels de santé seront nécessairement confrontés à ces situations dans leurs pratiques : médecine générale, urgences, psychiatrie, pédiatrie, soins infirmiers, travail social, santé communautaire ou accompagnement médico-social. Former les étudiants permet : de développer des capacités de repérage, de prévenir les attitudes de banalisation, de mieux comprendre les mécanismes psychotraumatiques, de travailler les enjeux éthiques de la relation de soin, de renforcer les logiques de coopération interprofessionnelle. Cette approche contribue à construire une culture commune autour de la prévention, de la protection et de l’accompagnement des personnes concernées. Une réflexion portée également dans le cadre universitaire Cette nécessité de croiser les regards et de renforcer les coopérations entre acteurs a été au cœur de l’intervention réalisée le 24 avril par le Cabinet BO dans le cadre du Diplôme Universitaire « Santé, Solidarité, Précarité » de l’Université Grenoble Alpes. Porté par le Dr Michelleti à la Faculté de médecine de Grenoble, ce diplôme universitaire constitue un espace de réflexion particulièrement précieux autour des situations de vulnérabilité sociale et sanitaire. L’enseignement y développe une approche transversale des violences faites aux femmes, attentive à la fois aux réalités cliniques, sociales et institutionnelles. L’intervention du Cabinet BO s’inscrivait pleinement dans cette dynamique : penser les violences intrafamiliales non comme des problématiques isolées, mais comme des phénomènes complexes nécessitant une articulation étroite entre les champs du soin, du social, de la justice et de l’accompagnement. Cette collaboration engagée illustre l’importance de développer des espaces de formation capables d’articuler exigence théorique, réflexion éthique et compréhension des réalités de terrain.

  • Sensibiliser aux violences sexistes et sexuelles : investir tous les espaces, y compris politiques

    Mercredis 11 et 18 mars, nous étions présentes à Grenoble au nom du cabinet BO pour animer un stand de sensibilisation aux violences sexistes et sexuelles (VSS), à l’invitation de l’équipe de Laurence Ruffin, candidate aux élections municipales. Cet espace d’échange, ouvert au public, a donné lieu à de nombreuses rencontres et à des discussions particulièrement riches. Nous avons notamment échangé avec des adolescent·es et de jeunes adultes, souvent très concerné·es par ces enjeux, en demande de repères et d’outils pour mieux comprendre et agir. Plusieurs personnes sont venues nous voir avec des questions très concrètes: comment intervenir lorsqu’on est témoin d’une situation de violence ? que dire, que faire, sans aggraver la situation ? D’autres ont partagé des expériences plus personnelles en évoquant des proches victimes, ou leur propre vécu. Ces échanges, parfois intimes, rappellent à quel point les violences sexistes et sexuelles traversent les parcours de vie et concernent un grand nombre de personnes. Porter les enjeux des VSS au-delà des cadres habituels Au cabinet BO, nous sommes convaincues que les questions liées aux violences sexistes et sexuelles ne peuvent pas rester cantonnées à des espaces spécialisés. Elles traversent l’ensemble de la société et concernent tous les milieux : institutions publiques, entreprises, associations, collectifs citoyens… et bien sûr, les espaces politiques. Investir ces différents lieux, c’est permettre une diffusion plus large des connaissances, mais aussi favoriser une prise de responsabilité collective. Car la prévention des violences et la qualité de l’accueil des victimes reposent sur des choix organisationnels, des moyens alloués, et des orientations politiques. Les espaces politiques : des lieux clés pour agir Les campagnes électorales et les dynamiques politiques locales constituent des moments privilégiés pour poser des questions essentielles : Quelle place est donnée à la prévention des VSS dans les politiques publiques locales ? Quels dispositifs d’accueil et d’accompagnement sont envisagés ou renforcés? Comment former les professionnel·les et sensibiliser les citoyen·nes ? Aller à la rencontre des équipes politiques, c’est aussi affirmer que ces enjeux ne doivent pas être partisans, mais bien transversaux. Il s’agit d’ouvrir le dialogue, de partager des ressources, et de contribuer à structurer des réponses adaptées aux réalités du terrain. Une posture d’ouverture et de dialogue Nous défendons une posture claire : celle de la liberté d’intervention et de dialogue avec l’ensemble des acteurs et actrices politiques. Cette position nous semble essentielle pour faire circuler les savoirs, encourager les engagements concrets, et soutenir des politiques publiques à la hauteur des enjeux. Cela implique également de pouvoir interpeller, questionner, et accompagner dans une logique de responsabilité collective. Créer des espaces d’échange concrets L’initiative portée par l’équipe de Laurence Ruffin à Grenoble illustre l’importance de créer des espaces accessibles, où les citoyen·nes peuvent s’informer, poser des questions et échanger librement sur ces sujets encore trop souvent invisibilisés ou mal compris. Les échanges de la journée ont montré combien ces espaces sont nécessaires : pour outiller celles et ceux qui souhaitent agir en tant que témoins, pour soutenir les personnes concernées, et pour faire émerger une parole parfois difficile à formuler ailleurs. Remerciements Nous remercions chaleureusement l’équipe de Laurence Ruffin pour son invitation et pour l’ouverture de cet espace de dialogue à Grenoble.

  • Retour sur le colloque intercommunal : lutter contre les violences sexistes et sexuelles pour un égal accès aux espaces publics

    Le lundi 2 mars 2026, la Ville de Fontaine et Grenoble-Alpes Métropole organisaient un colloque intercommunal consacré à un enjeu majeur : « Lutte contre les violences sexistes et sexuelles, pour une égalité de déplacement et d’usage des espaces publics » . Cet événement a réuni élu·es, professionnel·les des collectivités, associations et acteurs de terrain autour d’une question centrale : comment garantir à toutes et tous la possibilité de se déplacer et d’occuper l’espace public en sécurité et en égalité ? Les échanges ont rappelé un constat désormais largement documenté :les violences sexistes et sexuelles dans l’espace public constituent encore aujourd’hui un frein majeur à l’égalité. Elles influencent les pratiques de mobilité, les trajectoires quotidiennes et le rapport même que certaines personnes ( en particulier les femmes ) entretiennent avec la ville. Face à ces réalités, les collectivités territoriales disposent de leviers essentiels.Politiques de prévention, aménagement des espaces, dispositifs d’alerte, formation des professionnel·les, travail partenarial avec le tissu associatif : la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans l’espace public nécessite une approche globale et coordonnée . Parmi les initiatives évoquées lors du colloque, le dispositif #DemandezAngela  illustre l’importance de la mobilisation collective. En impliquant commerçant·es et acteurs locaux, ce type de démarche contribue à créer des réseaux de vigilance et de solidarité dans l’espace public . Au-delà des dispositifs, ce colloque a surtout montré combien le dialogue entre institutions, collectivités et acteurs de terrain est indispensable  pour faire évoluer les pratiques et construire des politiques publiques efficaces. Le Cabinet BO tient à remercier chaleureusement la Ville de Fontaine, Grenoble-Alpes Métropole ainsi que l’ensemble des partenaires pour la qualité de l’organisation de cet événement et pour la richesse des échanges. Nous sommes reconnaissantes, d’avoir pu contribuer à ces discussions et partager nos expériences de terrain. Ces temps de rencontre et de réflexion collective sont essentiels pour nourrir les actions concrètes. Le Cabinet BO reste pleinement engagé aux côtés des institutions et des organisations qui souhaitent prévenir les violences sexistes et sexuelles et promouvoir des espaces publics plus sûrs, inclusifs et égalitaires . 📷 Crédits photos : Philippe Tripier – Ville de Fontaine #VSS #Égalité #PolitiquesPubliques #CollectivitésTerritoriales #DemandezAngela

  • Comment mettre en place un référent VSS en entreprise ?

    La lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) n’est plus seulement une obligation légale : elle est un enjeu stratégique de prévention des risques, de qualité de vie au travail et de responsabilité sociétale des entreprises. Un référent VSS bien positionné permet d’aller au-delà du respect minimal de la loi  pour construire une politique structurée, intégrée et efficace. Une obligation légale renforcée Depuis la loi du 5 septembre 2018, complétée par des dispositions ultérieures, l’employeur est tenu de : Désigner un référent en matière de lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes  dans les entreprises d’au moins 250 salariés ; Faciliter l’orientation, l’information et l’accompagnement des salariés vers des ressources spécialisées en matière de VSS. Le référent doit disposer de moyens concrets : temps de formation, possibilité de recourir à de l’aide extérieure supportant sa charge de travail spécifique. Importance pour l’entreprise  : la non-désignation ou la mise en place sans moyens peut exposer l’entreprise à des risques contentieux, pénaux et civils si des situations de VSS ne sont pas traitées correctement. Le rôle du référent VSS : une fonction stratégique et multidimensionnelle Un référent VSS ne doit pas être cantonné à un rôle administratif. Pour être efficace, ses missions doivent intégrer : Écoute et accompagnement Recevoir des signalements discrets, assurer la confidentialité ; Orienter vers ressources internes (RH, médecin du travail) et externes (associations spécialisées, services sociaux). Prévention structurée Contribuer à l’intégration des risques VSS dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP)  — une préconisation forte des expert·es et autorités compétentes. Sensibilisation et formation Participer à la conception et au déploiement de modules de sensibilisation pour tous les niveaux hiérarchiques ; Former les managers à repérer les signes précurseurs et à adopter des postures adaptées. Appui aux procédures internes Collaborer avec les RH pour structurer des règles de traitement des signalements, Assurer le suivi des mesures décidées après un signalement. Connaissances scientifiques : comprendre l’impact des VSS au travail La recherche académique souligne l’importance d’un climat d’entreprise attentif aux comportements sexistes et intrusifs. Par exemple, une étude démontre qu’un climat organisationnel tolérant vis-à-vis des comportements hostiles liés au genre favorise les incidents de harcèlement , ce qui se traduit par une baisse de l’engagement, une plus grande exhaustion émotionnelle et une rotation du personnel accrue . Ce type de résultats indique que la prévention ne peut être un simple message ponctuel : elle doit s’inscrire dans une démarche continue de transformation culturelle. Complément : rapport gouvernemental récent sur les VSS La Mission interministérielle pour la protection des femmes contre les violences  a produit en 2024 un rapport sur les VSS dans les contextes de pouvoir, y compris en milieu professionnel. Il propose des recommandations pratiques pour : Renforcer les dispositifs d’information et de formation, Intégrer la prévention des VSS dans les politiques de responsabilité sociale des entreprises, Favoriser la coordination entre référents, instances internes et expert·es externes. Ce rapport met en évidence que la prévention ne se limite pas à des mesures individuelles mais doit toucher l’ensemble de l’organisation. Des outils pratiques à mettre en place Intégrer la prévention VSS dans le DUERP Faire figurer explicitement les risques liés aux VSS dans le document unique permet de les valoriser comme risques professionnels reconnus , et pas comme événements isolés ou marginaux. Développer des modules de formation Offrir des parcours de formation spécifiques pour : La direction (responsabilisation, posture et pilotage), Les managers (repérage des signaux, accueil de la parole), Tous les salariés (sensibilisation aux comportements inappropriés). Certains organismes proposent déjà des formations dédiées pour référents VSS, avec des contenus validés sur le cadre juridique, les impacts des violences et les postures d’écoute professionnelles. Suivi, évaluation et amélioration continue Un bon dispositif de prévention des VSS passe par un suivi régulier des actions , ce qui inclut : Des indicateurs de signalement ; Une analyse des tendances (types de situations, départements concernés) ; Des retours anonymisés des salarié·es sur la perception du climat ; Une communication transparente sur les actions et leur impact. Sans ce suivi, il est difficile de justifier des actions correctives ou de renforcer l’adhésion collective. Conclusion : du référent VSS à une politique de prévention intégrée Nommer un référent est nécessaire, mais insuffisant . Pour être vraiment efficace, l’entreprise doit : Le soutenir par des moyens (temps, formation, accès à des expertises), Intégrer la lutte contre les VSS dans ses stratégies RH et de prévention des risques, Mesurer les résultats et adapter continuellement ses actions. Ainsi, la prévention des violences sexistes et sexuelles devient une dimension de la performance organisationnelle , de la qualité de vie au travail, et de la responsabilité sociétale de l’entreprise. Mettre en place un référent VSS ne relève pas d’un simple affichage réglementaire. C’est un travail d’ingénierie organisationnelle qui suppose une articulation entre droit, prévention des risques et transformation des pratiques managériales. Le cabinet BO accompagne les entreprises dans : la formation des référents VSS, l’élaboration de protocoles internes, l’intégration des risques VSS dans le DUERP, la structuration d’une politique globale de prévention. Chaque intervention est adaptée au contexte spécifique de l’entreprise. Pour aller plus loin...Rapports officiels & publications institutionnelles Convention n°190 de l’Organisation internationale du travail  (2019)Premier texte international contraignant définissant la violence et le harcèlement dans le monde du travail. Il pose un cadre global qui inspire les politiques nationales et les démarches RSE des entreprises. Haut Conseil à l’Égalité entre les femmes et les hommes  (2023), Rapport sur le sexisme et les violences en milieu professionnel Analyse des obligations des employeurs et recommandations concrètes pour renforcer la prévention en entreprise. Ministère du Travail , Guide pratique – Lutte contre le harcèlement sexuel et les agissements sexistes au travail Synthèse opérationnelle du cadre légal français et des obligations des employeurs. Institut national de recherche et de sécurité (INRS) , Prévention des risques psychosociaux Ressources méthodologiques pour intégrer les violences sexistes et sexuelles dans le DUERP et la politique de prévention. Louise F. Fitzgerald et al. (1995–2007), travaux publiés notamment dans Personnel Psychology Recherches fondatrices démontrant l’impact organisationnel du harcèlement sexuel : baisse de l’engagement, augmentation du turnover, effets sur la santé psychologique et la performance.

  • Pourquoi utiliser des jeux pour travailler le sexisme et l’égalité professionnelle ?

    Retour sur les outils de l’ANACT Aborder le sexisme, l’égalité professionnelle ou la qualité de vie et des conditions de travail reste, dans de nombreux collectifs, un exercice délicat. Ces sujets touchent à des normes profondément ancrées, à des pratiques ordinaires parfois banalisées, et à des rapports de pouvoir qui traversent les organisations. Ils suscitent souvent des résistances, des malentendus, voire des crispations. C’est précisément pour répondre à ces enjeux que l’ANACT (Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail) développe depuis plusieurs années des outils pédagogiques d’une grande qualité, fondés sur une approche à la fois s cientifique, opérationnelle et respectueuse des réalités professionnelles. Le cabinet BO a récemment fait le choix d’intégrer plusieurs de ces outils ludiques à ses interventions, notamment Sexisme sans façons , Qualité de vie au travail  et Les essentiels de l’égalité professionnelle . Un choix qui s’inscrit pleinement dans notre approche de formation et d’accompagnement. L’ANACT : un travail reconnu, rigoureux et ancré dans le réel L’ANACT occupe une place singulière dans le paysage institutionnel français. Son travail repose sur un principe fort : améliorer les conditions de travail ne peut se faire sans prendre en compte le travail réel, les contraintes organisationnelles, les rapports hiérarchiques et les dynamiques collectives. Les outils développés par l’ANACT s’appuient : sur des travaux de recherche en sociologie du travail, ergonomie et psychologie, sur des expérimentations de terrain menées avec des entreprises, des collectivités et des associations, sur une volonté constante de ne pas moraliser, mais de comprendre et d’outiller. Cette exigence se retrouve pleinement dans les jeux proposés : ils ne simplifient pas à outrance les situations, ne réduisent pas les enjeux à des comportements individuels, et permettent au contraire de penser les mécanismes structurels du sexisme, des inégalités et de la dégradation des conditions de travail. Pourquoi utiliser le jeu pour aborder ces sujets sensibles ? Contrairement à certaines idées reçues, le jeu n’est pas un outil « léger » ou « dépolitisant ». Bien utilisé, il constitue un levier pédagogique puissant, notamment sur des thématiques sensibles comme le sexisme ou l’égalité professionnelle. Le jeu permet notamment de : désamorcer les résistances en sortant d’une logique d’accusation ou de justification, créer un espace sécurisé de parole, où chacun·e peut s’exprimer sans se sentir exposé·e, partir de situations concrètes plutôt que de principes abstraits, rendre visibles des phénomènes souvent invisibilisés ou banalisés. Les jeux de l’ANACT ont cette particularité précieuse : ils ne cherchent pas à « faire adhérer », mais à faire réfléchir collectivement, à partir des expériences professionnelles des participant·es. Des outils pour penser le sexisme, la QVCT et l’égalité autrement Le jeu Sexisme sans façons  permet par exemple de travailler sur les formes ordinaires du sexisme au travail : remarques, blagues, assignations, inégalités de traitement. Il met en lumière la frontière souvent floue entre ce qui est perçu comme « normal » et ce qui constitue une violence ou une discrimination. Les outils autour de la qualité de vie et des conditions de travail replacent quant à eux la QVCT dans sa dimension collective et organisationnelle, loin des approches individualisantes centrées uniquement sur le bien-être. Ils interrogent les marges de manœuvre, la reconnaissance, le sens du travail et les conditions concrètes d’exercice. Enfin, Les essentiels de l’égalité professionnelle  permettent de dépasser une vision purement réglementaire de l’égalité pour en faire un enjeu de fonctionnement des organisations, en lien avec les parcours, les temps de travail, la répartition des tâches et l’accès aux responsabilités. Un choix cohérent avec l’approche du cabinet BO Intégrer les jeux de l’ANACT dans nos formations et accompagnements n’est pas un effet de mode. C’est un choix pédagogique et politique, au sens noble du terme. Ces outils sont cohérents avec notre manière de travailler : partir des situations vécues par les professionnel·les, refuser les approches culpabilisantes, articuler analyse sociologique, compréhension psychologique et action collective, soutenir des pratiques professionnelles plus justes et plus sécurisantes. Utilisés dans un cadre structuré, accompagnés par une animation qualifiée, ces jeux deviennent de véritables supports d’analyse et de transformation des pratiques, au service des équipes et des organisations. Former autrement pour transformer durablement Face aux enjeux du sexisme, des inégalités professionnelles et de la QVCT, il ne suffit pas d’informer. Il faut créer des espaces pour  questionner les évidences et ouvrir des pistes d’action adaptées aux réalités du terrain. Les outils de l’ANACT offrent précisément cette possibilité. Ils rappellent que la transformation des organisations passe aussi par des dispositifs pédagogiques exigeants, capables de faire dialoguer savoirs, expériences et pratiques professionnelles. Au cabinet BO, nous faisons le choix de ces outils parce qu’ils prennent le travail au sérieux et parce qu’ils permettent de le transformer sans le nier.

  • Le cabinet BO intervient au colloque intercommunal « Demandez Angela » : penser les violences sexistes et sexuelles dans l’espace public

    Le lundi 2 mars , le cabinet BO  interviendra lors du colloque intercommunal  organisé par la Ville de Fontaine  et Grenoble Alpes Métropole , consacré à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles (VSS) dans l’espace public, autour du dispositif « Demandez Angela » . Intitulé « Lutte contre les violences sexistes et sexuelles, pour une égalité de déplacement et d’usage des espaces publics » , ce colloque rassemblera élu·es, professionnel·les, associations et acteurs de terrain afin de croiser les regards, partager des retours d’expérience et renforcer les pratiques collectives face aux violences sexistes et sexuelles. Penser les violences dans l’espace public : de l’insécurité vécue aux politiques de prévention Lors de la matinée, Barbara Otulakowski et Céline Bussi , fondatrices du cabinet BO, interviendront dans une séquence intitulée : « De l’insécurité vécue aux politiques de prévention : penser les violences sexistes et sexuelles dans l’espace public » . Cette intervention proposera une approche théorique et réflexive , croisant sociologie, psychologie et analyse des politiques publiques, pour mieux comprendre les violences sexistes et sexuelles comme des phénomènes sociaux inscrits dans des rapports de genre , des usages inégalitaires de l’espace public  et des normes sociales encore largement banalisées . L’objectif n’est pas seulement de nommer les violences, mais d’interroger ce qu’elles révèlent de notre manière d’habiter les espaces publics, de circuler, de se sentir légitime ou non dans l’espace commun. Cette réflexion s’appuiera également sur une analyse du dispositif « Demandez Angela »  : ses apports, ses limites, et ses effets sur les pratiques professionnelles et citoyennes. Accueillir la parole : postures professionnelles et enjeux éthiques L’après-midi sera consacrée aux pratiques professionnelles , avec une seconde intervention du cabinet BO autour de l’accueil des personnes confrontées aux violences sexistes et sexuelles. Intitulée « Accueillir la parole et les situations de VSS : postures, limites et leviers professionnels » , cette séquence abordera des questions centrales pour les acteurs de terrain : Comment reconnaître et sécuriser une parole sans se substituer aux professionnel·les compétent·es ? Comment agir sans banaliser, ni dramatiser ? Quelles limites poser pour se protéger soi-même tout en accompagnant la personne concernée ? Cette intervention s’inscrit dans la continuité du travail mené par le cabinet BO pour croiser les regards et renforcer l’action collective Tout au long de la journée, des retours d’expérience  de collectivités, de commerçant·es, de services de transport, de police municipale et d’associations viendront nourrir les échanges autour du déploiement du dispositif « Demandez Angela ». L’enjeu est clair : faire de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles un projet collectif , articulant prévention, formation, aménagement des espaces et coopération territoriale. Pour le cabinet BO, cette invitation est l’occasion de poursuivre un engagement fort : outiller les institutions et les professionnel·les pour mieux comprendre, prévenir et agir face aux violences , en tenant ensemble les dimensions sociales, psychiques et organisationnelles. Colloque intercommunal « Demandez Angela » Lundi 2 mars – 8h45 à 16h La Source, 38 avenue Lénine – Fontaine Sur inscription : egalite-citoyennete@ville-fontaine.fr

  • Un nouveau module de formation pour penser la place des enfants victimes.

    Enfants victimes : l’angle mort persistant des violences conjugales « Les violences faites aux femmes ne s’arrêtent pas à leur corps : elles traversent les vies, les liens, les enfances.  » Lorsqu’une femme est accueillie comme victime de violences conjugales, l’enfant reste trop souvent un impensé . Invisible dans les dispositifs, relégué au statut de simple “témoin”, il est pourtant victime à part entière , exposé à des psycho-traumatismes profonds, durables, et encore largement minimisés. Dans une lecture sociologique et féministe des violences , nous faisons le constat que : les mères protectrices  sont fréquemment soumises à une victimisation secondaire par les institutions , leur parole est suspectée, leurs choix questionnés, leur maternité mise à l’épreuve, l’injonction à protéger l’enfant se retourne contre celles qui tentent précisément de le faire, et, paradoxalement, l’enfant disparaît des pratiques dès lors que la mère est au centre de l’accompagnement . 👉 Penser la protection de l’enfance sans penser les violences conjugales, 👉 penser l’accompagnement des femmes sans penser les effets des violences sur leurs enfants, c’est produire des angles morts… et parfois de nouvelles violences. Au regard de ces enjeux, nous avons conçu un tout nouveau module de formation : « Enfants victimes de violences conjugales : comprendre, repérer, accompagner » Ce module propose : une analyse critique des violences conjugales comme système  (et non comme situations isolées), une compréhension des impacts psycho-traumatiques spécifiques sur l’enfant , une réflexion sur les logiques institutionnelles de contrôle, de suspicion et de disqualification des mères , des outils pour accompagner l’enfant sans jamais opposer sa protection à celle de sa mère . Cette formation est animée à trois voix , croisant : une approche sociologique et féministe des violences, une expertise clinique et institutionnelle, et le regard indispensable d’une éducatrice de jeunes enfants , pour penser le développement, l’attachement et les besoins spécifiques des enfants exposés aux violences. Se former à ces questions, c’est faire le choix de pratiques politiquement conscientes , qui reconnaissent les violences, protègent réellement les enfants, et cessent de faire porter aux mères le coût institutionnel des violences qu’elles subissent.

  • Les voeux du Cabinet

    ✨ Nos vœux 2026 : Une joie collaborative, se comprendre, se compléter.  ✨ Pour nos formations, nous avons fait le choix d’un binôme d’intervenantes aux compétences complémentaires, renforcé par une collaboratrice facilitatrice graphique. Trois regards, une même exigence : rendre les contenus clairs, vivants et mémorables. Le binôme d’intervenantes apporte : • une expertise solide sur les contenus de formation, • une animation à deux voix, rythmée et interactive, • une capacité à croiser les approches et les expériences de terrain. La facilitation graphique vient : • traduire les idées complexes en images accessibles, • capter l’essentiel en temps réel ou en synthèse illustrée, • soutenir la compréhension, la mémorisation et l’engagement des participant·es. 🎨 Cette présentation dessinée de notre équipe reflète notre manière de travailler : collaborative, pédagogique et créative, au service de formations qui donnent du sens et laissent une marque au cœur des pratiques professionnelles. Parce que comprendre, c’est déjà agir et parce qu’un dessin peut parfois dire ce que mille mots n’expliquent pas. Barbara Otulakowski Céline-Elisabeth BUSSI Marie-Laure Helme #Formation #FacilitationGraphique #PédagogieActive #TravailEnÉquipe #ApprendreAutrement

  • Repérer les violences chez les salarié·es : comprendre les signaux faibles

    Le 11 décembre 2025, la CFTC nous a fait confiance pour l'organisation d'un forum dédié aux violences faites aux femmes de 9h30 a 12h au Minimistan avec un focus particulier sur le continuum des violences , dans et hors du travail. Parce que les violences ne débutent pas dans la sphère professionnelle et ne s’arrêtent pas à la porte du domicile, nous voulons ouvrir un espace de compréhension, de prévention et d’action collective . Sensibiliser, protéger, agir Les violences conjugales et intrafamiliales n’ont pas de frontières. Elles traversent les portes du domicile, s’immiscent dans le quotidien, et finissent bien souvent par laisser des traces au travail. Pourtant, ces signes restent souvent discrets, ambigus, dispersés. On parle alors de signaux faibles  : des indicateurs subtils qui, mis bout à bout, peuvent révéler une situation de violence. Comprendre ces signaux est un enjeu essentiel pour les collègues, les représentants du personnel, les managers et les référents VSS. Non pas pour enquêter à la place des personnes, mais pour ne pas fermer les yeux , et offrir un espace où la parole peut émerger. Pourquoi parler de “signaux faibles” ? Parce que la majorité des victimes ne se présentent pas en disant “je subis des violences” .Elles minimisent, doutent, se culpabilisent ou craignent les conséquences sociales, familiales ou professionnelles. Les signaux faibles ne prouvent jamais, à eux seuls, qu’il y a violence. Mais ils sont souvent les premiers indices que quelque chose ne va pas . Repérer ces micro-changements permet : d’ouvrir un espace de confiance, de rompre l’isolement, d’orienter vers les ressources adaptées, et parfois, d’éviter le pire. Les signaux sur le corps… ou plutôt autour  du corps Les violences ne se résument pas à des coups visibles. Elles se traduisent souvent par des marques du quotidien  : vêtements anormalement couvrants, même quand il fait chaud ; lunettes de soleil portées en intérieur ; blessures légères mais répétées, justifiées maladroitement (“je suis tombée”, “j’ai cogné la porte”) ; fatigue chronique, cernes marquées, troubles du sommeil. Important : on ne “dénonce” pas une blessure. On fait simplement naître un climat où la personne peut dire si elle veut . Les signaux dans le comportement Les violences psychologiques et coercitives modifient la manière d’être au travail : isolement progressif, retrait du collectif, évitement de la pause déjeuner ; difficultés de concentration, erreurs inhabituelles ; hyper-vigilance, sursauts, nervosité ; excès d’excuses (“désolée”, “pardon”, “c’est ma faute”), révélateurs de la dévalorisation subie ; irritabilité soudaine ou pleurs à la moindre contrariété. La victime cherche souvent à “tenir”  malgré tout. Ces fissures dans le comportement traduisent une pression invisible. Les signaux sociaux et téléphoniques Le téléphone est souvent une fenêtre sur la violence : appels répétés du conjoint, contrôlant horaires et déplacements ; messages insistant pour savoir “où tu es”, “avec qui tu es”, “quand tu rentres” ; nécessité d’envoyer des photos pour prouver sa présence ; malaise visible après la consultation du téléphone. Un collègue qui s’excuse constamment de devoir “rentrer vite”, “répondre tout de suite” ou “rendre des comptes” n’exagère pas : il subit un contrôle . Les signaux professionnels La violence conjugale a des effets directs sur la participation au travail : retards fréquents sans explication solide ; absences répétées (congés maladie courts, annulations de dernière minute) ; chute soudaine de performance ; impossibilité de rester tard ou de participer à des événements professionnels. Ces difficultés ne sont pas un manque d’engagement. Elles sont les conséquences d’une vie sous contrainte . Les signaux verbaux : ce que la personne laisse échapper Parfois, la victime glisse des phrases qui semblent anodines : “Il n’aime pas quand je… ” “Je dois faire attention à…” “Ça va aller, c’est moi qui exagère.” “C’est ma faute, je n’aurais pas dû le contrarier.” “On a eu une dispute, mais je l’ai provoqué…” Ces formulations expriment : la peur, l’autoresponsabilisation, la confusion, la perte de repères. Les violences psychologiques opèrent justement en brouillant les frontières entre ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. Ce que l’on peut faire, sans poser de diagnostic Personne n’a à enquêter ni à prouver une situation de violence. Mais chacun peut ouvrir une porte  : ✔ montrer qu’on est disponible : “Si un jour tu veux parler, je suis là.” ✔ nommer les observations sans jugement : “Je te sens préoccupée ces derniers temps.” ✔ rappeler que ce qu’elle vit compte  et mérite d’être entendu.✔ orienter : 3919 – médecins – référent VSS – assistante sociale – cadre RH – associations spécialisées.✔ respecter le rythme de la personne. Les violences conjugales prospèrent dans le silence. Les signaux faibles sont la première brèche dans ce silence. Pourquoi l’entreprise a un rôle déterminant Parce que le lieu de travail est souvent : le seul espace où la victime peut souffler, le seul endroit non contrôlé, l’un des rares lieux où d’autres adultes peuvent voir, entendre, remarquer . L’entreprise, les collègues et les représentant·es du personnel sont des sentinelles précieuses . Repérer les violences au travail ne signifie pas “se mêler de la vie privée”.C’est reconnaître qu’une salariée en danger ne laisse pas la violence dehors . C’est comprendre que les signaux faibles sont des appels silencieux. C’est rappeler que la solidarité n’est pas intrusive : elle est protectrice. Un signal faible n’est jamais une preuve. Mais il est souvent un début de protection.

  • Formez autrement : l’efficacité du e-learning au service de vos équipes

    Chez BO Formation et en collaboration avec l'association EDB (dont vous pourrez trouvez plus d'informations sur leur site : Accueil - L'Etoile du Berger ) , nous accompagnons les entreprises et les institutions dans le développement des compétences de leurs équipes grâce à des modules e-learning interactifs, engageants et adaptés à vos besoins. Découvrez notre vidéo de présentation :👉 Regarder la vidéo Nos formations e-learning allient flexibilité et qualité pédagogique. Elles permettent à vos salarié·es de se former où qu’ils soient, à leur rythme, tout en bénéficiant de contenus riches, animés et ancrés dans la réalité du travail. Chaque module est pensé pour : Favoriser la mise en pratique immédiate des compétences, Maintenir un haut niveau d’interactivité, Offrir un suivi pédagogique clair et mesurable. Des thématiques au cœur des enjeux RH, nos parcours e-learning couvrent les principaux défis actuels des organisations : Prévention des violences sexistes et sexuelles (VSS) en entreprise, Gestion des conflits et communication constructive, Bientraitance et qualité de vie au travail, Accueil du public et gestion des incivilités, Collaboration et travail en équipe. Nos contenus sont construits à partir d’expériences de terrain et d’une expertise solide en accompagnement des organisations et des collectifs de travail. Des formations sur mesure, construites pour vous Chaque entreprise a ses spécificités : c’est pourquoi nous concevons également des modules e-learning personnalisés, créés en fonction de vos objectifs, de votre culture interne et de vos contraintes techniques. Ces créations sur mesure sont réalisées sur devis, afin de garantir un accompagnement totalement adapté à vos besoins en formation continue. Une pédagogie qui allie professionnalisme et engagement Nos formations reposent sur une approche à la fois expérientielle et réflexive, favorisant le transfert des apprentissages dans le quotidien professionnel.Nos formatrices, issues du terrain, s’appuient sur une expertise reconnue en pédagogie pour adultes, en psychologie du travail et en ingénierie de formation. Vous souhaitez déployer nos modules ou créer votre propre parcours e-learning? Contactez nous pour échanger sur votre projet et obtenir un devis personnalisé.

  • Prévention des violences sexistes : formations spécialisées

    Dans le cadre de la prévention des violences sexistes, les formations spécialisées proposées par le cabinet BUSSI & OTULAKOWSKI sont une ressource précieuse pour les professionnel·les du secteur public et privé. Ces formations visent à renforcer les compétences des équipes en matière de détection, prévention et prise en charge des violences de genre. Les sessions de formation s'adressent à un large éventail de professionnels, allant des collectivités territoriales aux institutions publiques, en passant par les secteurs de l'éducation, du social, de la santé, de la justice, ainsi que les acteurs et actrices du secteur privé. Que vous soyez un·e professionnel·le expérimenté·e cherchant à approfondir vos connaissances ou que vous débutiez dans le domaine, ces formations offrent des modules de sensibilisation ainsi que des formations approfondies pour répondre à vos besoins spécifiques. Ces sessions sont conçues pour être interactives, informatives et adaptées à chaque public. Que ce soit en présentiel ou à distance, vous avez la possibilité de participer à des formations de qualité, dispensées par une experte reconnue dans le domaine. En participant à ces formations spécialisées, vous contribuerez à renforcer la lutte contre les violences sexistes et à créer des environnements plus sûrs et inclusifs pour tous. La prévention des violences de genre est un enjeu majeur de notre société, et il est essentiel que les professionnel·les de tous secteurs soient formés pour y faire face de manière efficace et bienveillante. N'hésitez pas à vous renseigner davantage sur les formations proposées par le cabinet BUSSI & OTULAKOWSKI et à vous engager dans cette démarche essentielle pour un monde plus égalitaire et respectueux de chacun et chacune.

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